Comment faire pour être bien vu sur le Web
Qui
n\'a jamais tapé son prénom et son nom sur un moteur de recherche ? Un
geste égocentrique ? Peut-être. Un geste utile en tout cas. En effet,
donner son avis sur un forum, acheter des produits sur eBay, partager
une vidéo sur Dailymotion, s\'inscrire sur un site de rencontre sont
autant de traces apparemment anodines, mais qui forgent en réalité une
\"réputation numérique\".
Une
réputation constituée non seulement des contributions volontaires que
laisse un individu en ligne mais aussi involontairement (ce que disent
les autres de cet individu). Et qui restent figées pour
l\'éternité. D\'où l\'importance de surveiller les éléments
de cette réputation "en effectuant des contrôles sur Google
régulièrement, par exemple", recommande Stéphane Brossard,
directeur conseil interactif de B & B
Communication.
Olivier Zara a créé il y a six
mois un blog dédié à cette problématique. Pour cet informaticien
chevronné, entrepreneur dans les technologies Web 2.0 et spécialisé en
gestion de la réputation sur Internet, "l\'identité
numérique est tout aussi importante que sa vraie identité. Et tout
aussi dangereuse. Dans la vie, il est facile de se refaire une
réputation en changeant de travail, de ville... C\'est beaucoup
plus compliqué sur Internet. Qu\'on le veuille ou non, notre
réputation est maintenant mondiale et publique. Et si les paroles
s\'envolent, les écrits restent..."
Paranoïaque, M. Zara ? Pas tout
à fait. S\'il est vrai qu\'un avis virulent sur un forum sera
sans doute sans effet sur la sphère privée, il peut en être autrement
pour sa réputation professionnelle. Un risque que la majorité des
internautes ont bien du mal à intégrer.
Aux Etats-Unis, près de 80 %
des recruteurs avouent effectuer des recherches sur Internet pour
compléter le profil d\'un candidat.
Inspirés par leurs confrères
d\'outre-Atlantique, certains chasseurs de têtes français
commencent à utiliser ce nouvel outil dans le processus de recrutement.
A l\'image de Jean-Sébastien Picq, un des responsables du cabinet
de recrutement Westpoint, qui voit par exemple dans Facebook une façon
"de creuser le profil du candidat en découvrant son univers et
ses hobbies".
Des informations à caractère
privé que François de Wazières, directeur du recrutement international
chez L\'Oréal, se refuse à utiliser. "Aucun recruteur ne
doit s\'autoriser à chercher ce genre d\'informations.
L\'usage de Google ou de Facebook n\'est absolument pas
envisageable chez L\'Oréal et ce, pour des raisons de
déontologie."
Pour les internautes
imprudents, qui tomberaient sur un patron curieux, il existe
heureusement des outils permettant de maîtriser cette réputation.
"Ces outils sont de deux ordres, explique M. Zara. Il y a
les sites qui permettent une évaluation de la personne grâce à des
témoignages valorisants comme Viadeo ou LinkedIn et les outils de
classement des éléments de la réputation comme Ziki. En clair, les
traces malencontreuses laissées sur le Net sont relayées en deuxième
page des moteurs de recherche."
Mais pour l\'expert, le
pire n\'est pas d\'avoir une mauvaise réputation sur Internet,
mais de "ne pas avoir de réputation du tout. Cela signifie que
la personne n\'a rien à dire ou qu\'elle a des choses à
cacher".