
Le rapport gouvernemental remis au Parlement qui
revient sur le dispositif de Validation des acquis de l’expérience
(VAE) laisse perplexe. Si son objectif était de favoriser le nombre de
certifications en entreprises, reste que les aspirations quantitatives
n’ont pas été atteintes. 77 000 candidats ont ainsi obtenu une
certification. Un résultat faible et disparate en fonction des
catégories d’actifs concernés et des ministères à l’origine de ces
process.
Impulsée par la loi de modernisation sociale en date du
17 janvier 2002, la création de la VAE assurant l’obtention d’une
certification professionnelle ne répond pas aux espoirs escomptés. La
vision court-termiste qu’impose celle-ci, empêcherait ainsi tout
processus favorable à une véritable sécurisation des parcours
professionnels. Un constat lourd d’incidences. Et une évolution
variable en fonction des instances. Si le ministère de l’Education
nationale enregistre bien des « avancées », le résultat est loin d’être
identique au sein du ministère de la Défense...
Selon le rapport présenté par le gouvernement au Parlement, les
résultats espérés initialement pour 2006 sont encore loin d’être
atteints. Néanmoins les moyens ne sont pas les mêmes pour tous les
acteurs. En effet, les ministères de la Santé et des Affaires sociales
disposeraient, selon le rapport, de moyens limités. Impossible dans ces
conditions d’assurer une bonne politique en la matière.
Ainsi, le ministère de l’Education nationale demeure le principal
certificateur. On note ainsi, au sein de l’enseignement supérieur, une
augmentation de 1,1 millions d’euros à l’intention de 31 établissements
ayant conclu un contrat quadriennal. Rappelons que le FSE (Fond social
européen) a attribué une enveloppe de 19 millions d’euros aux
ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur pour
encourager ces démarches. Les ministères des Affaires maritimes ou de
la Culture essayent néanmoins de s’approprier le dispositif,
travaillant à l’élaboration ou à la réforme de leur système de
certification.
Mais pour satisfaire une demande estimée à 60 000 candidatures par an,
des moyens plus conséquents devront être mis en oeuvre.
Selon le rapport, sont essentiellement concernées par
la VAE les femmes qui constituaient 70% des candidats en 2005. Un
résultat qui s’explique au niveau qualitatif par le choix des métiers
qui ont été privilégiés d’emblée par ce dispositif, tels des postes
d’aide-soignante, ou d’auxiliaires de vie sociale.
Outre le sexe « faible », ce sont les demandeurs d’emploi qui ont
surtout eu recours à ce procédé de certification.Ils représentent ainsi
une population trois fois supérieure à leur poids dans la population
active, s’orientant essentiellement vers des diplômes délivrés par le
ministère de l’Emploi. Les 2/3 d’entre eux visant à cette occasion un
premier niveau de qualification type CAP, BEP ou baccalauréat.
Une cacophonie générale règne en matière de validation des acquis de
l’expérience. L’absence d’interlocuteur stable et précis accompagnant
l’individu du diagnostic en amont, vers un parcours VAE en concluant
sur un suivi post-jury de qualification. Parallèlement, l’opacité des
règles financières relatives aux coûts et aux ressources en la matière,
ne permet pas la conception d’une offre de formation qui favorise une
adéquation entre validation et formation. Si beaucoup de candidats
n’obtiennent qu’une validation partielle de leurs acquis, c’est aussi
la conséquence, selon le rapport, d’une offre de formation inadaptée
aux besoins exprimés.
Evolution que pourrait impulser Eric Besson, le secrétaire d’Etat
chargé de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques.
Celui-ci rendra en effet ses conclusions relatives à la mise en place
de la VAE dans quelques semaines.
Le moment de faire de ce dispositif, un outil au service de la
sécurisation des parcours professionnels. Un outil plus efficace au
pire.
Ambre Tosunoglu
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